Tous les entraîneurs qui, durant la dernière décennie, sont passés à la tête de l'équipe de Tunisie vous le diront: «Seul Chokri est indispensable.» A l'Espérance de Tunis comme dans la sélection nationale, Chokri El Ouaer est, à 35 ans, la star des stars, malgré la présence de professionnels comme Adel Sellimi (Fribourg, D 1, Allemagne) ou Zoubeïr Baya (Besiktas, D 1, Turquie). Il est intransférable et la Tunisie tout comme l'Espérance ont des arguments pour le conserver. Dans les rues de la capitale, sa photo est partout. Son physique de play-boy et sa renommée font le bonheur des publicitaires, et il est régulièrement sollicité pour entamer une carrière de comédien. D'un courage exemplaire sur le terrain, souverain sur les balles aériennes, l'élégant Chokri fait oublier le monumental Attouga, indétrônable gardien de la sélection nationale durant dix-sept ans. Il affiche l'un des plus riches palmarès qu'un footballeur tunisien puisse posséder (Ligue des champions, coupes, championnats...). Dépité, il décide de raccrocher. Mais en Tunisie l'intérêt national prime. Et il conduira pour la deuxième fois de suite les Aigles de Carthage à la phase finale du Mondial 2002 et à la Coupe d'Afrique des nations 2002.
